TERREAU

Le Bruit des Ombres est né d'une histoire vraie, celle de Charles Borowski, qui fuit la menace nazie. Il est mon grand-père et souhaite que ce récit fasse partie de mon histoire : « Tu ne dois pas oublier ».

Il me transmet alors son récit filmé par des équipes de S. Spielberg, qui réalisaient une vidéothèque de tous les survivants. C'est ce support vidéo qui me permettra d'entendre cette histoire une première fois.

Je voulais y fantasmer le discours d'un héros mais je ressens l'horreur et le poids qui l'accompagnent.

Pendant le visionnage de l'entretien, mon regard se pose sur les mains de mon grand-père : elles disent ce qui se tait dans ses mots.Je décide alors de les filmer à nouveau avec mon propre cadrage. Je le laisse me raconter ce qu'il veut bien me livrer.

Ce témoignage, je l'apprivoise comme matière première à l'écriture de la pièce sonore.

INTUITION


Un focus sur nos mains, né d'une pratique : la marionnette.

Marionnettiste de formation, les mains m'apparaissent comme la poétique de l'œuvre. Ce focus, induit par ma pratique de la manipulation, s'étend ici au mouvement de nos mains quotidiennes, celles qui commentent nos mots, prennent parfois le relai lorsque ceux-ci manquent, celles qui montrent, donnent, s'accrochent, etc.

Nos mains traversent-elles l'histoire autrement ?

Cette intuition initie l'exploration gestuelle avec les comédiens. Ce langage amène le regard du spectateur vers les mains dont émane une sensibilité sans mots. La sensorialité des corps en contact avec les matières, la table, le comptoir du bar, nos corps, sont les passages de la communication non verbale. Ainsi nous guiderons lentement, comme une énigme, le public à se concentrer sur ces corps à 5 doigts.